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Une révolution signée GEN Z au Népal

  • 16 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Nous sommes le 9 septembre et le Premier ministre népalais Khadga Prasad Sharma Oliannonce officiellement sa démission aux yeux de son pays et du monde. Cette situation pourrait faire penser à une actualité française, pourtant les causes sont bien différentes.

Tout a commencé ce lundi 8 septembre, lorsque des milliers de jeunes ont manifesté dans les rues de Katmandou, la capitale du Népal, contre le blocage, quelques jours plus tôt, de Facebook, YouTube et du réseau X. Les manifestants se sont alors avancés vers le Parlement. La police leur a barré l’accès et a fini par tirer à balles réelles. Le bilan est lourd : 51 personnes tuées et 300 blessées.

Ces débordements graves ont alors attisé le désir de justice d’une partie du peuple népalais se plaignant de la corruption omniprésente dans le gouvernement et du luxe dans lequel ses membres vivent. Elle s’est réunie à Katmandou le lendemain pour manifester. Seulement, au cours des heures, la situation s’est aggravée et des affrontements violents ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants. Rapidement, la situation est devenue incontrôlable pour la police et c’est une véritable révolution qui a éclaté au centre de Katmandou. Les participants ont forcé l’entrée du Parlement népalais et y ont mis le feu tout en saccageant les propriétés de l’État telles que des voitures de fonction ou des camions de police.

Face à ce lourd bilan, le Premier ministre, n’étant plus légitime, s’est donc désisté,provoquant la joie des manifestants.

Une manifestante crie des slogans contre l’interdiction des réseaux sociaux et la corruption du gouvernement, durant une manifestation devant le Parlement, à Katmandou, au Népal, le 8 septembre 2025. Photo PRABIN RANABHAT/AFP
Une manifestante crie des slogans contre l’interdiction des réseaux sociaux et la corruption du gouvernement, durant une manifestation devant le Parlement, à Katmandou, au Népal, le 8 septembre 2025. Photo PRABIN RANABHAT/AFP

Maintenant que vous en savez plus sur cette révolution rapide, vous êtes en droit de vous demander quel est son lien avec la génération Z. Tout d’abord, il faut savoir que le Népal est un pays où la médiane de l’âge se situe à 23 ans sur une population de presque 30 millions. Ainsi, les jeunes sont très présents dans la vie politique du pays, entre autres. Les images prises pendant l’événement montrent quasiment exclusivement des visages de jeunes hommes ou femmes.

De plus, des signes distinctifs de mouvements de contestation provenant des jeunes ont été brandis, comme le drapeau pirate provenant du manga best-seller One Piece, utilisé internationalement depuis peu comme un symbole de rébellion et de mécontentement face aux pouvoirs en place, notamment grâce aux messages véhiculés par le manga.

Ensuite, les images de la révolution sont rapidement devenues virales car elles montraient un visage sympathique des manifestants, riant et chantant ensemble, distribuant des bouteilles d’eau et ne visant que les bâtiments gouvernementaux sans déborder sur des propriétés privées.



Enfin, le symbole de la force de conviction de cette génération a sans doute été le vote de la nouvelle Première ministre temporaire via un vote sur Discord, un réseau social particulièrement utilisé chez les jeunes.

Cette nouvelle Première ministre, Sushila Karki, âgée de 78 ans, est appréciée par la jeunesse car c’est une farouche combattante de la corruption.

L’avenir reste cependant incertain. Si la jeunesse népalaise a prouvé qu’elle pouvait renverser un gouvernement, elle doit maintenant transformer cette victoire en réformes concrètes. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si cette révolution marquera le début d’une nouvelle ère plus démocratique ou si le pays retombera dans l’instabilité.

En attendant, la vie n’a pas encore repris son cours normal à Katmandou où les magasins restent fermés, où l’essence est introuvable et où l’armée est déployée dans les rues.

Siméon Herlin – 16 septembre 2025 à 21 h

Centre international de Valbonne

 
 
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