top of page

LA DÉMOCRATIE SELON LES LYCÉENS (Numéro II) : La façon d'élire importe

  • 7 nov. 2024
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 mars 2025

CHRONIQUE | Le débat sur le mode d'élection des délégués a troublé la classe du rédacteur. Retour sur les conditions officielles d'organisation pour découvrir le domaine de l'étude du vote social, entre politique et mathématique.


Schéma du fonctionnement du Conseil des délégués de la vie lycéenne, Noé Armanno
Schéma du fonctionnement du Conseil des délégués de la vie lycéenne, Noé Armanno

Nous avions présenté dans le dernier numéro de L’Aiglon les différents pouvoirs et devoirs du C.V.L et de la M.D.L. Nous sommes passés rapidement sur les élections, mais grâce à ces présentations, vous avez pu en saisir les enjeux. Sauf que, pendant que ces élections sont normées et bien encadrées par le lycée, celles des délégués est souvent sujette à débat au sein de la classe. La mienne a connu ce débat : devons-nous mettre un ou deux noms sur notre papier ? Quel processus de décision adopter ? Et, surtout, y en a-t-il un officiel ?


Pour ces trois élections, intéressons-nous donc au vote en lui-même. Contrairement à l’usage populaire, « vote » n’est pas le terme approprié pour ce que nous souhaitons étudier. Car si l’élection est la nomination des élus par les votants, le vote est, lui, l’expression de ce choix, tandis que le scrutin est le processus qui l’encadre. On utilisera donc préférablement « scrutin » puisqu’on se réfère ici strictement à la question du processus décisionnel. 


Ainsi, ces élections utilisent chacune un système, dit mode de scrutin, différent, tout simplement parce qu’elles nécessitent d’élire un différent nombre de candidats. Et le petit esprit démocrate que l’on a tous, a souvent tendance à ne s’imaginer qu’il n’existe qu’un seul voire deux seuls systèmes d’élection : choisir un candidat en un, ou deux, tours. Or, lorsque le besoin d’élire plusieurs personnes s’éprouve, comment procède-t-on ? Tout de suite, la plus simple solution qui vienne à l’esprit est d’inscrire sur notre vote autant de noms qu’il y a de sièges, et de déclarer élus ceux qui ont reçu le plus de votes. En l’occurrence, cinq sièges sont à pourvoir donc nous inscrivons cinq noms, et les cinq binômes qui auront reçu le plus de votes remporteront les sièges. Ce mode de scrutin, logiquement en vigueur pour le C.V.L., est appelé plurinominal — du latin pour “plusieurs noms”.


Bien; et maintenant qu’en est-il des élections de délégués ? D’après le site gouvernemental services-publics.fr, le mode de scrutin est uninominal à deux tours, pour élire deux binômes à vote secret (il y est aussi dit que les délégués ont droit de démission !). C’est-à-dire que l’on inscrira qu’un seul nom sur notre vote, et qu’il se déroulera éventuellement deux tours.


L’emphase sur éventuellement prend tout son sens lorsque l’on mentionne que le second tour n’a lieu que si aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue des votes, autrement dit : plus de 50% des votes, plus un. Ce qui a peu de chances d’arriver dès lors qu’il y a au moins trois binômes en lice, car dans une situation parfaite, la distribution des votes sera égale entre tous les candidats (⅓ chacun s’il y en a 3). La probabilité va décroissant plus il y a de candidats. Toutefois, quelque chose a pu surprendre : c’est que l’on parle d’élire deux binômes en écrivant un seul nom.


Bien évidemment, le but choisi est d’introduire les élèves à la participation démocratique, centrale dans notre république, ainsi qu’à la prise de responsabilité. Mais, outre ce constat, nous nous heurtons au problème classique des modes de scrutin : l’impératif de représentativité. Cette même représentativité est le maitre-mot de nos régimes actuels, puisque l’on est régulièrement appelés à choisir des dirigeants et des assemblées qui incarnent l’orientation politique diverse de la société.


Les modes de scrutin mélangent donc sciences politiques et sociales avec les mathématiques, ce qui devrait en intéresser plus d’un, et je ne vous laisserai pas insatisfaits. Car dans un prochain numéro, nous franchirons le pas du théorique et nous intéresserons aux autres modes de scrutin possibles et/ou en usage, en gardant bien en tête leurs enjeux politiques, et mathématiques.


- Noé


bottom of page