top of page

L'ÉCHO DE L'ÉCO : Le budget 2025 vu par l’exécutif

  • 7 nov. 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 mars 2025

BUDGET | Le budget 2025 taille dans les dépenses pour adoucir une dette publique qui a explosé. Analyse de la proposition du gouvernement Michel Barnier.

Alors que Michel Barnier peine à trouver sa légitimité dans un hémicycle morcelé, la première étape houleuse pour son gouvernement s’annonce : la préparation d’un budget à grands enjeux pour l’année 2025. Un consensus semble inatteignable tant l’ensemble des forces politiques pensent être au centre du jeu.


Pourtant, tous s’accordent sur la gravité d’une mauvaise gestion de la dette. Le débat est omniprésent dans le champ politique depuis plusieurs décennies sans qu’aucun camp n’ose réellement prendre les choses en main. Depuis 1975, le Parlement vote systématiquement des budgets déficitaires. Les dépenses publiques sont donc plus élevées que les recettes, le dernier budget à l’équilibre datant de 1974, sous la présidence de Georges Pompidou.


Avant la chute drastique de ces deux dernières années, le déficit public avait déjà connu quelques déconfitures. Il s’élevait à 6,4 % en 1993, alors que les premières entraves à la croissance voyaient le jour avec la crise du Système monétaire européen. En 2009 le déficit grimpe même à 7,4% lors de la crise mondiale des subprimes. 


52 milliards de dépenses en plus en 10 mois?


Pierre Moscovici, Premier Président de la cour des comptes, pointe du doigt un « dérapage sans précédent, absolument considérable et inédit ». Ce sinistre constat est le résultat d’une politique aussi dangereuse qu’infructueuse menée par Bruno Le Maire sept années durant au ministère de l’Économie et des Finances, pourtant incontesté dans son camp au fil des remaniements.


La dette publique a bel et bien augmenté de plus de 1000 milliards d’euros depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron. Cette année, les économistes de Bercy semblent avoir dépassé des records d’incertitude quant à leurs prévisions. Alors que le budget adopté par 49.3 par notre monarque Élisabeth Borne prévoyait un budget déficitaire de 4,4% du PIB, une légère « erreur de calcul » s’est glissée dans les rouages du ministère. Et nous voilà avec un déficit budgétaire arrivé à 6,1% du PIB, soit la bagatelle de 52 milliards de plus en 10 mois. La faute à pas de chance ! Monsieur E. Macron aurait-il fait « comme tant avant  [lui] et [mis] la poussière sous le tapis ? Oui, peut-être ! »


Admettons tout de même que la responsabilité politique est partagée. Comme le souligne Patrick Cohen dans son éditorial politique sur France Inter vendredi 11 octobre 2024, aucun opposant n’a contesté les 90 milliards d'euros des politiques de relance post-covid.


Au contraire, les discours des responsables publics, selon lui, dénonçaient incessamment le manque d’aides apportées par le gouvernement aux entreprises et aux ménages, sans se soucier du trou creusé. Le montant de ces politiques de relance reste toutefois mineur face aux 1000 milliards ajoutés à la dette depuis 2017, et ne peut donc pas justifier une telle dégringolade.


Dans ce contexte brûlant, le premier ministre doit jouer aux équilibristes et faire des arbitrages, pas si facile à 73 ans. Son objectif majeur, trouver 60 milliards d’euros et un collier d’immunité pour échapper à la motion de censure. Pour ce faire, il compte mettre en place un régime sec à base de baisse des dépenses et d’augmentation des recettes. La baisse des dépenses est censée ramener 40 milliards d’euros dans les caisses de l’État tandis que l'augmentation des recettes —essentiellement des impôts— devrait contribuer à l’apport de 20 milliards d’euros.


Vers de nouvelles recettes fiscales et des coupes budgétaires ?


Le gouvernement Barnier souhaite une « contribution exceptionnelle » des « plus fortunés ». Les 65 000 ménages les plus riches et les 300 entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse le milliard d’euros annuel devront ainsi mettre la main au portefeuille de manière plus juste. Une pratique oubliée pendant les deux quinquennats d’Emmanuel Macron alors que « la fortune des milliardaires dans le monde a plus augmenté en 19 mois de pandémie qu’au cours de la dernière décennie » selon l’ONG Oxfam.


Si certaines administrations parviennent à tirer leur épingle du jeu comme le ministère de la Culture ou la place Beauvau en maintenant un budget similaire ou même en hausse par rapport à 2024, la tendance reste nettement à la baisse pour les administrations publiques. C’est le cas de plusieurs ministères comme celui de la Justice ou de l'Écologie. 

Les collectivité locales sont également mises à contribution. Cette année, c'est une baisse de 5 milliards d’euros qui les attend. De manière inattendue, c’est l’Éducation nationale qui est soumise à la cure la plus franche alors que ses besoins sont indéniables. 


Les différents ajustements et arbitrages décidés pour l’année à venir sont donc lourds de conséquence pour Michel Barnier tant sa longévité à Matignon semble être suspendue au bon vouloir de Marine Le Pen. Les conséquences auront également un impact significatif sur des milliers de vies. Les quelque 4 000 instituteurs dont le poste sera supprimé et les millions de français qui verront le tarif de leur mutuelle ou de leur assurance augmenter paieront le prix d’années de dérive budgétaire.


- Charline et Icham


bottom of page